LE SENTIMENT DU HOI ET LA PERSONNALITÉ
I. Examen de la théorie de M. Preyer sur le développement du sentiment du moi. — L'observation faite par l'enfant de son propre corps, et la reconnaissance de rimage dans un miroir. — Le rôle du langage dans la constitution du moi. — Opinion de M. Romanes et de M. Luys. — Le sentiment du moi précède certainement l'emploi des mots Je et moi. — Le langage précise la notion du moi, mais ne la constitue pas. — Évolution de l'idée du moi. — Les états de conscience. — La mémoire, grâce à la répétition, au renouvellement des états de conscience, les relie les uns aux autres. — L'unité et la continuité du moi dérive de la coordination, de l'intégration des souvenirs. — Le rôle de l'activité volontaire dans le développement de la personnalité. — Comment l'éducation eUc-mt'''me concourt à former chez l'enfant la personnalité et la conscience qu'il en a. — II. La loi générale du développement graduel. — Qu'il y a pourtant des moments de transition brusque, des éclosions soudaines. — Que la conscience ne nous révèle pas entièrement le fond de notre être. — La physiologie de l'enfant. — La métaphysique de l'âme de l'enfant. — L'évolution des facultés de l'enfant est plus ou moins rapide. — Couses principales de ces différences. — Le sexe joue-t-il un rôle dans l'évolution intellectuelle et morale des premières années ? — Influence de l'éducation. — Que le petit enfant ne peut être assimilé à l'animal. — Les facultés de l'enfant difl'èrent de celles de l'homme quantitativement^ plus que qualitativement. — Conclusion.
La théorie de M. Preyer sur les origines et le développement du « sentiment du moi » est des plus intéressantes, et elle mérite d'être examinée; elle est incomplète, et par conséquent fausse, mais, si elle ne tient pas compte de tous les faits, les faits sur lesquels elle s'appuie sont exacts et ingénieusement observés (1).
M. Preyer commence par rechercher comment Tenfant acquiert la connaissance de son propre corps et à quels signes on reconnaît
(1) M. Prêter, p. 439-453.