Ibid
tances où la dignité de sa couronne lui impose l'obligation de sacrifier un homme. C'est ce que fit le roi Panda, le jour où les Boers consentirent à le reconnaître comme roi légitime de son petit peuple. Le sang de l'homme ainsi voué au maintien du prestige royal devait servir à frictionner les articulations du souverain; le cœur rôti, était destiné à lui être offert, pour qu'il le mangeât, si bon lui semblait, afin de doubler son propre cœur4.
Si le souverain cafre est le grand justicier de son peuple, ce n'est pas seulement pour rendre des arrêts, c'est pour montrer son pouvoir. Son autorité est basée à la fois sur la force et la richesse. Pour entretenir ses guerriers et ses courtisans, il lui faut être opulent, c'est-à-dire posséder d'immenses troupeaux, que renouvellent incessamment les razzias guerrières d'abord, les amendes et confiscations ensuite 8. Ces" dernières ressources sont de grande importance, quand rien ne peut brider le bon plaisir du juge couronné. Le monarque cafre, en sa qualité déjuge suprême, peut reviser et casser les décisions prises soit par les chefs de clan, soit par les chefs de village.
Les tribunaux les plus inférieurs sont présidés chacun par le chef du village et jugent ordinairement les petites affaires, par exemple les contestations au sujet des limites des terres, des marchés, les petits larcins. La peine est invariablement une amende payable par le chef de famille. On peut appeler des jugements de ces cours de village aux cours supérieures présidées par les chefs de clan ; mais, si le premier jugement est confirmé, le montant de l'amende est toujours augmenté.
Les chefs de clan, magistrats plus importants que les chefs de village, jugent entourés de notables, et ils siègent presque sans interruption. Nous avons vu que le père de