‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 101 sur 525 · H. -S. Maine, Institutions primitive · texte numérisé non relu

H. -S. Maine, Institutions primitive

famille répond pour tous les siens. Cette responsabilité collective, ordinaire dans les sociétés primitives, s'étend aux villages et aux clans. Le village, en effet, répond pour chacun de ses habitants ; le clan, pour chacun de ses villages.

La cour suprême présidée par le chef ne connaît donc ordinairement que des crimes considérés comme extrêmement graves : les actes de trahison, de rébellion, de meurtre, les faits pouvant déchaîner la guerre entre les tribus, les cas de sorcellerie, pour l'instruction desquels on n'hésite pas à employer la torture. Les membres du conseil suprême donnent leur avis; mais le chef prononce la sentence. Quant à lui, il est irresponsable et ne saurait être traduit devant aucun tribunal1. Dans ces petites monarchies, il existe donc en fait une sorlc de hiérarchie juridique, maïs spontanée et embryonnaire.

En dépit de la capricieuse et despotique ingérence des fois cafres dans le domaine judiciaire, la criminalité et la pénalité de leurs petits États sont restées fort primitives encore. La justice royale se soucie fort peu des crimes particuliers. L'homicide est ordinairement considéré comme une affaire privée ; il ne déshonore en rien son auteur, qui n'en éprouve pas le moindre remords, mais doit se garer des vengeances ; car le droit cafre repose uniquement sur le talion '. Un cafre Basouto, dont le fils avait été blessé à la tête avec un bâton, voulait frapper l'offenseur non seulement à la même place, mais encore avec le même bâton 3. Dans ces sociétés barbares, quiconque n'a pas des protecteurs, des parents, des amis, faisant avec lui cause commune, est à la merci des plus forts. Les femmes, par exemple, étant sim-

1. M. J. Macdonald, les Tribus de l'Afrique australe (in Revue scientifique, 31 mai 1890).

2. Moffat, toc. cit., 277. — Burchell, Ûi*l. univ. voy., vol. XXVI, 480.

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