‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 102 sur 525 · H. Spencer, Sociologie, III · texte numérisé non relu

H. Spencer, Sociologie, III

plement la propriété de leurs maris, peuvent être tuées par eux, sans que personne s'en émeuve. Moflat rapporte qu'un homme, ayant eu avec une de ses femmes une dispute pour une cause insignifiante, la tua d'un coup de lance, dans un accès de fureur. Aux représentations faites aux chefs par le missionnaire Moffal au sujet des crimes de ce genre, les interpellés répondaient par des éclats de rire. A leurs yeux, le meurtre d'une femme par son mari était chose parfaitement permise et insignifiante1.

Pour le meurtre des hommes ou en général des personnes laissant derrière elles des vengeurs, c'est une autre affaire; mais les vengeurs du sang se laissent ordinairement désarmer par une composition en bétail. C'est ainsi que se règlent d'habitude, à la satisfaction des deux parties, les affaires d'adultère, de rapt, d'incendie, d'assassinat, de violence quelconque8; mais, pour la plupart de ces actes, les coupables dépourvus de bétail, par suite incapables d'acquitter la composition, sont ordinairement mis à mort soit par la partie lésée3, soit par les parents et amis, qui ont pris la cause en main. Avant d'en venir à celle extrémité, entre villages, on essaye ordinairement de s'entendre dans un palabre, dont la forme est assez singulière, en ce sens qu'elle symbolise une expédition armée du village offensé contre le village offenseur *. Les hommes représentant le village demandeur s'avancent vers le village défendeur; mais, au lieu de l'envahir, comme le faisaient sûrement leurs lointains ancêtres, ils font halte dans son voisinage, s'asseyent dans un endroit bien en vue et attendent. A leur tour les hommes du village, ainsi sommé silencieusement, sortent et

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