‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 104 sur 525 · Delegorgue, loc. cit · texte numérisé non relu

Delegorgue, loc. cit

C. Madagascar. — Dans ces petits royaumes cafres, la conception et l'administration de la justice sont dans une période transitoire ; les coutumes républicaines subsistent encore et l'idée du talion domine le droit criminel, toutes les fois que n'intervient pas le. bon plaisir du souverain. An contraire, dans la grande ile africaine, à Madagascar, la justice royale a grandi, s'est épanouie, a étouffé toutes les autres. Chez les Hovas, le droit de rendre la justice appartient théoriquement au souverain, dont la sanction seule rend exécutoires les jugements ; mais, comme le roi ne saurait suffire à juger en personne toutes les causes, il délègue pour cela des fonctionnaires (amdriambaventi). Ces suppléants du souverain ne jugent pas seulement au criminel ; toutes les transactions de quelque importance se font en leur présence et la sanction qui les rend obligatoires est le payement d'un droit, du hasina, soit au roi, soit au fonctionnaire qui le représente. Les magistrats malgaches siègent encore en plein air, à la vieille mode ; à Tananarive, c'est sur une petite place voisine du palais *.

Rendre la justice étant une prérogative essentiellement royale, les nobles malgaches ne doivent pas l'usurper et, dans leurs fiefs, ils en sont réduits au rôle de conciliateurs, d'arbitres, à ce rôle que jouent toujours les chefs élus des tribus républicaines9. Il n'en a pas été ainsi autrefois, durant l'époque franchement féodale, quand les nobles, retranchés dans leurs manoirs et vivant de pillage, exerçaient dans leur tenure une autorité souveraine3. Aujourd'hui la féodalité malgache a dégénéré en monarchie à peu près absolue et une loi va jusqu'à interdire aux nobles, sous peine d'expulsion de leur fief, de manger la queue d'un bœuf; car c'est

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