Ibid., I
i elles-mêmes qui exposaient leur affaire. — Tous les chefs
b de village avaient le droit de siéger dans les becharros et ils
i se gardaient de le négliger, car une part des amendes ou
ï compensations leur revenait à ce titre 4.
i Les familles étaient encore solidaires des délits ou crimes
commis par leurs membres ; mais elles pouvaient proscrire,
f excommunier, un membre indigne ou dangereux et se mettre
i ainsi à l'abri des responsabilités. Elles avaient aussi la faculté
i de revenir sur cette proscription, mais alors par un rachat
i en piastres et chèvres. L'homme frappé d'une proscription
familiale avait par ce fait une situation juridique inférieure;
sa vie valait moins cher et on pouvait le tuer moyennant une
modeste compensation de 50 piastres; au contraire, s'il se
rendait coupable d'un meurtre, il était mis à mort9. Dans
toutes ces petites monarchies de Sumatra, le système des
compositions pécuniaires était pleinement en usage, à peu
près pour tous les crimes et délits ; un code traditionnel avait
prévu et déterminé, une fois pour toutes, le prix de chaque
tort commis établissant ainsi un tarif pénal, très analogue
au Wehrgeld germanique.
La composition pour meurtre variait d'importance suivant le rang du mort; elle était, pour un noble, de 500 piastres; pour une personne du commun, de 80 piastres seulement. La vie de la femme et des enfants légitimes était estimée moitié moins que celle des hommes. En plus de ces compositions, le meurtrier ou sa famille devaient encore payer des amendes, dont les juges se partageaient le montant, sans compter une part dans la composition elle-même3. — Si, dans un conflit entre deux familles, il y avait plusieurs morts des deux côtés, les juges terminaient sans peine l'affaire, par
i. W. Marsdcn, 341.