‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 120 sur 525 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

L'Jnca Huayna-Capac se montra véritablement un modèle de clémence en se bornant à faire décimer les habitants du district de Tumpiz; car ordinairement, pour un fait de rébellion, le plus horrible des crimes, une ville était détruite, une province changée en désert après l'extermination totale de sa population1. S'il arrivait qu'une des très nombreuses femmes ou concubines de l'Inca lui fût infidèle, c'était l'abomination de la désolation, un épouvantable sacrilège. Les deux coupables étaient brûlés vifs ; leurs pères et mères, leurs frères, tous leurs proches parents étaient mis à mort, leurs lamas étaient égorgés ; leur ville ou hameau était rasé ; les arbres même de la localité étaient coupés au pied2. En sa qualité de demi-dieu, l'Inca était irascible, de plus infaillible et il ne se piquait point de clémence.

Les crimes, dont je viens de parler, étant attentatoires i la sécurité des individus ou à celle du prince; les mœurs, ou les lois les ont plus ou moins sévèrement punis dans tous les pays du monde; mais il existait en outre, au Pérou, toute une catégorie d'autres fautes moins graves, d'infractions à des prescriptions ou ordonnances étrangères au droit criminel et punies par conséquent avec moins de sévérité. Ainsi l'arrosement des terres était obligatoire. Quiconque le négligeait était flétri, comme paresseux et fustigé publiquement. — Pour d'autres menus délits, des contraventions, on avait édicté des peines légères; la plus habituelle consistait dans l'obligation de porter une pierre sur son dos3.

L'ancien Pérou est, on le sait, le plus bel essai de socialisme d'État, qui ait jamais été tenté et réalisé. De la naissance à la mort, tous les individus étaient soumis à une règle fixe, variable seulement suivant leur position sociale,

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