‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 121 sur 525 · W. Prescott, loc. cit., I · texte numérisé non relu

W. Prescott, loc. cit., I

aucune initiative ne leur était laissée; jamais l'œil vigilant de l'administration ne les perdait de vue et l'existence de chacun était fixée d'avance dans ses plus petits détails. Ainsi, aux heures des repas, il était ordonné de laisser ouvertes les portes des maisons pour que les inspecteurs de justice ou de police pussent librement entrer et voir, si Ton se conformait aux lois somptuaires déterminant les dépenses de chaque famille d'après le rang qu'elle occupait dans le casier social. Le menu de ces repas était réglementaire, de même que le costume, et l'usage de certains mets devait être interdit au populaire, comme il lui était défendu de porter des ornements d'or, d'argent ou des pierreries. Ces lois somptuaires sont communes dans les sociétés barbares, et leur sanction pénale est souvent terrible; nous ignorons ce qu'elle pouvait être au Pérou. De même, à propos d'une autre loi, que l'on peut appeler fraternelle, et qui rendait obligatoire l'assistance mutuelle dans tous les travaux, nous ne sommes pas mieux renseignés.

Mais la loi n'était pas plus douce pour les fonctionnaires dirigeants que pour les administrés. Les fonctionnaires malhonnêtes ou prévaricateurs étaient punis de mort.1. Dans chaque ville, les juges, qui n'étaient aussi que des fonctionnaires nommés et révoqués par le maitre, décidaient les affaires en premier et dernier ressort: on n'appelait point de leurs arrêts. Mais les menus délits étaient au-dessous de la juridiction des tribunaux. La population était distribuée en groupes de cinquante, cent, cinq cents, mille ou dix mille personnes et les chefs de groupe exerçaient une certaine police. Les cas graves, seuls, étaient portés devant le gouverneur du district, membre de l'auguste famille des In cas 9.

Comme tous les autres fonctionnaires, les juges étaient res-

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