‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 123 sur 525 · Garcilasso, loc. cit · texte numérisé non relu

Garcilasso, loc. cit

LA JUSTICE DANS LES MONARCHIES BARBARES. lit

détruite avec tous ses habitants et son emplacement semé de pierres. A ce prix et à ce prix seulement, on pouvait désarmer la colère des dieux. — Bien au contraire la « vierge élue », admise à l'honneur du lit royal, était honorée jusqu'à sa mort et, entourée de respect et d'hommages, elle conservait toujours un train de maison princier, même alors que son royal époux, fatigué de ses charmes, la renvoyait à sa famille1.

Dans toutes les sociétés barbares, il y a deux poids et deux mesures pour les grands et les petits; rarement pourtant l'iniquité est aussi flagrante, aussi éhontée que dans ce cas et il le faut sûrement attribuer au régime théocratique en vigueur dans l'ancien Pérou. En effet l'Inca n'était pas seulement roi ; il élait aussi dieu; il jouissait donc d'un double prestige et planait de très haut au-dessus des mortels : leur justice ne pouvait être la sienne.

Rien dans tout cela qui soit particulièrement spécial au Pérou. L'empire du Mexique va nous fournir d'autres exemples du même genre.

Si despotique que fût la monarchie mexicaine, elle n'avait pu réussir à subjuguer toutes les énergies locales et individuelles ; le pays était en régime féodal et le groupement en clans consanguins subsistait encore; aussi, tout en étant prépondérante, la justice royale n'avait pas absorbé entièrement l'ancienne justice rendue par des magistrats élus.

Pourtant le monarque jouissait d'un pouvoir énorme et incontesté. Un cacique, à qui l'on demandait s'il était sujet

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