‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 124 sur 525 · Prescott, Hit t. conq. Pérou (Introd · texte numérisé non relu

Prescott, Hit t. conq. Pérou (Introd

de Moctézuma, s'écria : c Y a-t-il sur la terre quelqu'un qui ne soil vassal ou esclave des Moctézuma * ?» Un si grand roi était nécessairement le suprême dispensateur de la justice, mais naturellement sans se soucier beaucoup lui-même d'éviter les excès pour lesquels il faisait châtier les autres. Ainsi un cacique, celui de Zampoala, se plaignait aux Espagnols des déportements et des actes sanguinaires du despote. Moctézuma, disait-il, ravissait, sans se gêner en rien, les femmes et les tilles de ses sujets, en abusait, puis les faisait sacrifier aux dieux9. Un autre cacique, celui de Chalco, racontait à peu près la même chose3. On sait que les dieux mexicains étaient toujours altérés de sang et l'on n'évalue pas à moins de vingt mille, ennemis, rebelles, etc., le nombre des victimes annuellement sacrifiées sur leurs autels4. — Pourtant le monarque mexicain, si impunément sensuel et sanguinaire, revendiquait, comme tous les despotes, petits et grands, le droit de rendre la justice. Sans doute la grande étendue de l'empire mexicain, ne permettait pas au souverain de juger lui-même toutes les causes; mais il nommait tous les magistrats supérieurs. A Mexico et dans chaque ville importante, siégeait un grand juge, désigné par le roi et statuant sur les appels des cours inférieures. A son tour, ce magistrat supérieur nommait les juges de second ordre, ressortant de sa juridiction. Les arrêts de ce haut personnage étaient sans appel ; le roi lui-même ne devait pas les infirmer. Quiconque usurpait ses augustes fonctions était puni de mort, voyait ses biens confisqués et sa famille réduite en esclavage. Au-dessous de ce juge par excellence, une cour composée de trois magistrats prononçait en dernier ressort sur les affaires

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