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LCTOUHNIAU. — L'Évolution juridique. 8
taient les tribunaux de province. Grande était la sévérité de ce tribunal, de cette cour des comptes mexicaine. Dans la perception des revenus du maître, qui, pour une grande part, étaient des revenus publics, la plus scrupuleuse exactitude était de rigueur ; aucune différence entre la fraude et la négligence : Tune et l'autre étaient également punies de mort4.
Toutes ces juridictions diverses, complexes, nous les retrouverons approximativement les mêmes dans tous les grands Etats. Ce qui est plus spécial au Mexique, c'est la justice rendue dans le palais royal même, évidemment pour bien attester que le pouvoir judiciaire appartenait au souverain et aussi par suite d'une simple survivance rappelant la phase antérieure de la tribu monarchique, durant laquelle le chef concentre en sa personne et exerce réellement tous les pouvoirs.
Dans une salle de sa splendide résidence, le roi siégeait en grand justicier, assisté de ses nobles et sénateurs, pour entendre les causes criminelles, même celles du peuple, qui lui étaient renvoyées en appel, et pour recevoir les pétitions. Mais, dans ce tribunal, auguste par excellence, on jugeait surtout les affaires des grands ; on y rendait aussi la liberté aux personnes injustement vendues comme esclaves*.
Dans une deuxième salle, des sénateurs, d'anciens juges s'occupaient plus spécialement des causes populaires, allégeant ainsi la besogne royale. Leur justice devait être à la fois prompte et équitable, sinon le monarque les faisait tout simplement enfermer dans de grandes cages, puis envoyer au supplice3.
Dans une troisième salle, de zélés exécuteurs attendaient