‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 129 sur 525 · Ib,d., II · texte numérisé non relu

Ib,d., II

était punie aussi sévèrement que le meurtre lui-même ; ainsi deux femmes s'étant battues sur un marché, l'une d'elles, qui avait blessé l'autre, fut condamnée à mort1.

Fait bien extraordinaire dans une société barbare, on condamnait à mort même le meurtrier d'un esclave, même le mari, qui s'était fait justice lui-même en tuant sa femme adultère9. La peine capitale punissait encore bien d'autres transgressions moins graves : le déplacement frauduleux des limites d'un champ, la falsification des mesures, le gaspillage d'un bien patrimonial 3, même le port des vêtements de l'autre sexe, sans doute parce que ce dernier délit était souvent associé à la sodomie.

Le législateur mexicain avait l'ivresse en horreur. L'usage des liqueurs fermentées n'était toléré que pour les malades et moyennant une autorisation spéciale ; encore fallait-il être âgé de cinquante ans au moins4. Pour crime d'ivrognerie, les jeunes gens étaient emprisonnés d'abord, puis assommés à coups de bâton; les jeunes femmes étaient lapidées; il faut entendre les jeunes filles et les jeunes gens qui étaient élevés dans les maisons d'éducation dirigées par le clergé. Le noble convaincu d'ivrognerie était étranglé; le plébéien était vendu comme esclave et, en cas de récidive, mis à mort. Pour ivrognerie, un guerrier renommé était dégradé et devenait légalement incapable de remplir une fonction publique5. Toute cette pénalité spéciale, si disproportionnée au délit, indique à la fois l'omnipotence sans bornes des législateurs et l'existence dans le peuple du penchant désordonné à l'intempérance, si commun chez les races incultes encore.

La moralité sexuelle était aussi sévèrement réglementée,

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