‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 133 sur 525 · Ibid., H · texte numérisé non relu

Ibid., H

LA JUSTICE DANS LES MONARCHIES BARBARES. lîi

Il y avait peine de mort contre quiconque usurpait les insignes de la royauté ou maltraitait un ministre, un ambassadeur, un courrier ou bien fomentait une révolte. Non seulement le traître au roi était puni d'une mort horrible, de l'écartèlement, mais tous ceux de ses parents, qui, ayant eu connaissance de ses desseins, ne les avaient pas divulgués, étaient réduits en esclavage4. — Pour quiconque exerçait un emploi public, il n'y avait pas de faute vénielle. Non seulement on surveillait les fonctionnaires, mais on éprouvait leur fidélité ; des agents secrets essayaient de les tenter par des présents et ceux qui fléchissaient étaient punis de mort9. Cette surveillance jalouse et cette extrême sévérité sont bien dans les habitudes monarchiques; mais il va sans dire que le monarque est rigide seulement pour ses sujets. Au Mexique, le roi jurait bien d'observer les coutumes de l'Empire ; mais il ne se faisait pas faute d'y déroger, de les violer, quand tel était son bon plaisir3.

L'ingérence cléricale avait, de son côté, créé une catégorie de crimes spéciaux et le pouvoir du clergé était considérable. L'ordre clérical formait dans l'Empire une véritable population, que Clavigero évalue à un million. 11 y avait, dit Torquemada, environ quarante mille temples au Mexique. Le grand temple de Mexico comptait, à lui seul, cinq mille desservants. Tout ce peuple saint était hiérarchisé et gouverné par deux grands dignitaires, réputés infaillibles dans les choses religieuses et toujours consultés dans les affaires d'État importantes. Or, au Mexique, la foi était très vive encore et les conceptions religieuses fort naïves, puisque, entre autres absurdités, l'empereur, lors de son couronnement, jurait de faire tomber la pluie en temps opportun, de donner au pays

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