Ibid.y I, 4M
m L'ÉVOLUTION JURIDIQUE.
de bonne récoltes et d'empêcher le débordement des rivières *. De telles superstitions se rattachent directement au grossier animisme primitif, aussi croyait-on toujours aux sorciers et les auteurs de maléfices, tenus pour des scélérats, étaient-ils sacrifiés aux dieux9.
D'autre part, la discipline religieuse faisait aux prêtres un devoir rigoureux de la continence. Ce vœu de chasteté, d'une observance difficile en tout pays, était souvent enfreint an Mexique et les fautes de ce genre très rigoureusement punies, mais diversement, suivant le grade du délinquant et aussi suivant la province. Pour incontinence constatée, les jeunes séminaristes étaient quelquefois mis à mort. A Téotibuacan, le prêtre, convaincu d'avoir enfreint son vœu de chasteté, était livré au peuple et tué, la nuit, à coups de bâton. A Ichcatlan, le Grand-prêtre, qui avait eu commerce intime avec une femme, était massacré, mis en pièces, et, pour détourner son successeur d'imiter les déportements du mort, on lui en présentait les membres dépecés : c'était ce que nous appelons une leçon de choses3. Quand l'homme des dieux, coupable d'incontinence, n'était pas mis à mort, sa maison était rasée, ses biens confisqués et lui-même banni1.
Ces pénalités déraisonnables et disproportionnées étaient bien propres à fausser le sentiment de la justice et à vicier les lois pénales; mais le clergé exerçait encore un autre genre d'influence non moins nuisible. En effet, la religion des Mexicains avait déjà dépassé le stade primitif des croyances mythologiques, celui où l'homme cherchant la raison de certains phénomènes, pour lui particulièrement intéressants, dote simplement les êtres ou objets