‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 135 sur 525 · Bancroft, loc. cit., II · texte numérisé non relu

Bancroft, loc. cit., II

du monde extérieur d'idées, de sentiments humains, et anime ainsi tout l'univers. Sur cette phase première de la mythologie vient ordinairement se greffer la phase seconde, qu on peut appeler morale, celle où la religion entreprend de trancher les questions d'éthique, de diriger les consciences, de * distinguer, avec des prétentions à l'infaillibilité, ce qui est ■ bien de ce qui est mal. Dans ce but, le clergé mexicain avait inventé des pratiques pseudo-catholiques : la confession et la pénitence. Seulement, au Mexique, chacun ne recourait qu'une fois dans sa vie au sacrement de pénitence et, comme cette confession devait être suivie d'une absolution, on la retardait ordinairement jusqu'à la vieillesse1. Elle était accompagnée de pénitences très analogues aussi à celles que les prêtres catholiques imposent à leurs ouailles, savoir : de coups de discipline, de jeûnes et d'offrandes. Ces ressemblances avec le catholicisme sont sans doute fortuites; elles prouvent simplement que, dans des pays divers, chez des races diverses, l'esprit humain peut s'égarer de la même manière. Au cours de ces études, nous avons rencontré un si grand nombre de similitudes de ce genre que nous ne pouvons plus guère nous «en étonner. Mais, au point de vue qui, maintenant, nous occupe, la confession mexicaine offre un intérêt tout particulier ; car l'absolution sacerdotale avait une valeur juridique. Une fois accordée, elle couvrait le coupable et le garantissait contre toute poursuite judiciaire. Ces acquittements religieux étaient si bien passés dans les mœurs du pays que, longtemps après la conquête espagnole, les indigènes essayaient encore d'échapper aux tribunaux en produisant des billets de confession9.

Nous avons vu que le code mexicain était draconien; les pénalités en usage étaient naturellement en harmonie avec le

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