Diodore, I
6. Papyrus de Turin, Journal asiatique, 6* série, t. VI. .,,.
tribunal de prêtres à l'amende en punition de son rapt'. Ces prêtres-juges constituaient une cour suprême de trente et un membres. Chacun des trois collèges sacerdotaux de Memphis, de Thèbes et d'Héliopolis en fournissait dix, qui, une fois réunis, élisaient parmi eux leur président, dont la place devenue vacante était occupée ensuite par un trente et unième membre désigné par le collège sacerdotal, auquel ii appartenait9. Ces grands juges étaient entretenus par le roi, et leur président surtout touchait un traitement considérable. Le souverain instituait sans doute les juges et recevait leur serment de fidélité. Les formes et symboles juridiques semblaient promettre une impeccable justice :1e roi faisait jurer aux magistrats de lui désobéir, s'il leur prescrivait quelque chose d'inique. Le président du tribunal portait au cou une chaîne d'or, à laquelle était suspendue une figurine en pierres précieuses représentant la Vérité1, la déesse Saté; c'est à dire la c Vérité aux yeux fermés ». De même tes statues déjuges étaient sans mains, ce qui signifiait qu'ils ne pouvaient absolument pas recevoir des présents'. La statue du président avait en outre les yeux bandés; ce qui symbolisait son impartialité absolue s.
Ce tribunal si solennel était une haute cour ne jugeant que les grandes affaires et surtout celles des classes supérieures. Chaque ville possédait son tribunal à elle. Chaque localité populeuse même avait des magistrats d'ordre inférieur, jugeant les délits de peu d'importance. Dans chaque nome, un tribunal composé déjuges royaux statuait sur les causes plus graves. La cour suprême connaissait seulement des grands