Diodorc
ques, dont, seuls, les prêtres avaient la clé1. Enfin, en dehors des jugements réguliers d'après les livres de Thôt, il y avait des jugements absolument hiératiques, dans lesquels un oracle prononçait entre l'accusateur et l'accusé9.
En tout pays, cette prédominance des ministres du culte dans la justice a pour résultat de créer des délits absurdes, sans doute, mais réprimés néanmoins avec une extrême rigueur. L'Egypte n'a point fait exception à la règle. Ainsi on y punissait de la peine capitale quiconque tuait même involontairement un ibis, un épervier ou un chat3. La mort des autres animaux sacrés n'entraînait qu'une amende. Il va de soi que la sorcellerie était considérée comme un crime abominable. Quiconque usait de formules, d'incantations magiques, était puni du dernier supplice4; c ce sont, dit \m texte, les plus grandes abominations du monde > \ Mais 1a justice théocratique est volontiers capricieuse. Qui pourrait contester aux divinités le droit d'épargner un coupable? Aussi le temple de Thôt jouissait-il du droit-d'asile6. Cette prérogative divine est naturellement partagée par les représentants terrestres de la divinité ; car, dans les monarchies barbares, on ne distingue guère entre les dieux et les rois ; c'est pourquoi les monarques absolus ont toujours largement exercé le droit de grâce. Aussi Pline nous dit-il que, sous les Ptolémées, le pied de la statue du roi était encore un lieu d'asile7. Il est aussi très ordinaire que les prêtres, c'està-dire les ministres ou truchements des dieux, prononcent contre les criminels ou les pécheurs toujours confondus à