Ibid., H
sonne assaillie. A tout le moins devait-il traduire le malfaiteur devant les tribunaux ; sous peine de flagellation1. Devant le tribunal, les témoins prêtaient serment de dire la vérité; ils juraient par les dieux, les animaux sacrés, la tête ou la vie des rois. Ce serment était reçu dans le temple où siégeait le tribunal, et le parjure était puni de mort. Dans un papyrus, on voit un accusé prêter le serment en se touchant le nez et l'oreille, et en disant : c Comme mon Seigneur existe *! »
Des officiers de justice plaçaient devant les juges les Livres de la Loi. Par écrit, l'accusateur énonçait ensuite le crime et réclamait la peine correspondante ; l'accusé répliquait, également par écrit. Enfin, toujours par écrit, les deux parties se réfutaient mutuellement. Puis, après délibération, les juges rendaient leur arrêt, signifié silencieusement par le président, qui se bornait pour cela à placer sur la tète de la partie qui avait gain de cause, la statuette de la Vérité suspendue à son cou3. Point d'avocats plaidants; il n'y en eut que sous les Lagides. — Enfin, si l'accusation était reconnue fausse, l'accusateur subissait la peine qu'aurait encourue l'accusé, dans le cas où il aurait été condamné. C'est là une évidente application de l'idée du talion et nous en retrouverons bientôt plusieurs autres dans la pénalité.
Il semble bien que la torture était couramment employée pour arracher des aveux aux accusés. Du moins elle l'était durant la période hellénique, puisque Lucien, racontant une histoire de vol arrivée en Egypte, dit qu'aussitôt arrêtés les larrons furent torturés sur la roue \ De même, au Rhamesséum de Thèbes, on a figuré des soldats donnant la bastonnade à deux prisonniers, sans doute pour en tirer