‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 150 sur 525 · Toxaris · texte numérisé non relu

Toxaris

•des aveux relativement aux faits et gestes des ennemis, des Khétas *. Ammien Marcellin dit aussi, que, dans la vallée du Nil, il n'y avait point de torture qui pût arracher des aveux aux voleurs, etc.8, La vieille Egypte a donc donné, sous ce rapport, un très mauvais exemple à l'antiquité gréco-romaine.

Dans la manière dont elle traitait ses prisonniers juridiques, l'Egypte montrait aussi une grande barbarie. Ce que nous dit Lucien des prisons égyptiennes fait penser au Dahomey actuel. Les prisonniers préventivement incarcérés étaient entassés dans un local infect, où la température était étouffante ; ils gisaient sur le sol, sans pouvoir même étendre leurs jambes prises dans des ceps. Le jour, on se bornait à leur mettre un carcan et à garrotter une de leurs mains ; la nuit, on les chargeait de chaînes. L'usage d'incarcérer les accusés, avant leur jugement, n'avait pas été importé en Egypte par les Grecs; car la Genèse nous dit que Joseph fut enfermé dans la prison royale3. Dans ce pays, où l'on avait par excellence le culte du passé, la justice, qui partout change avec une extrême lenteur, était restée empreinte de pratiques sauvages, comme il appert nettement delà pénalité et de la criminalité en usage.

La grande monarchie barbare, nous le savons, se rattache directement à la petite et cette dernière à son tour n'eât guère que l'amplification de la tribu monarchique. Il est donc naturel, que, durant ces trois stades de l'évolution politique, la nomenclature des actes jugés criminels et les procédés usités pour les réprimer se ressemblent beaucoup. Seulement, comme la structure sociale s'est beaucoup compliquée dans la grande monarchie, les intérêts réels ott imaginaires à défendre se sont multipliés et il en est résulté de

1. Charopollion le jeune, Lettre* écrite* d'Egypte et de Nubie, 265.

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