‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 154 sur 525 · Hérodote, II · texte numérisé non relu

Hérodote, II

LA JUSTICE. DANS LES MONARCHIES BARBARES. Ut

Sauf cette légalisation de la profession du vol, qu'il est prudent de n'admettre encore qu'avec réserve, tout ce que je viens de rapporter de la criminalité et de la pénalité égyptiennes n'a rien qui dénote une race supérieure. De son côté, la criminalité religieuse atteste aussi une mentalité fort peu relevée. C'était un très grand crime que de formuler des incantations, de composer des philtres. D'autre part, la peine capitale punissait le sacrilège, qui avait osé tuer certains animaux sacrés. Aussi le passant, qui rencontrait par hasard sur son chemin le cadavre de l'une de ces divinités animales, si communes en Egypte, avait-il bien soin de se lamenter tout d'abord, de protester hautement de son innocence et surtout de se tenir à distance respectueuse du cadavre sanctifié 4. On étaitsouvent puni de mort pour des actes en eux-mêmes insignifiants, mais jugés attentatoires à la religion : pour avoir mangé des mets interdits, pour avoir révélé le lieu de sépulture du bœuf Apis; pour avoir osé dire que Sérapis était un homme ; pour avoir offert en sacrifice des vaches, des génisses ou d'autres animaux non encore marqués par les prêtres, etc. f. Pour avoir inventé des danses nouvelles, composé des chants nouveaux, on était condamné, comme ayant commis des impiétés3.

D'autres délits, des délits sociaux, attestaient aussi l'étroitesse de vue du législateur et son horreur de toute innovation. Ainsi on était mis à mort si, chaque année, on ne justifiait pas de ses moyens d'existence \ Des peines graves frappaient l'artisan, qui exerçait un autre métier que le sien, c'est-à-dire que le métier de son père, ou qui avait l'audace de s'occuper des affaires publiques 5. On avait des

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