‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 170 sur 525 · Voy. Comp. Indes Orientales, VI · texte numérisé non relu

Voy. Comp. Indes Orientales, VI

cumulent les pouvoirs judiciaire et administratif. Leur justice est sommaire, rapide et en outre gratuite, du moins dans toutes les causes qui n'entraînent ni peine corporelle ni amende. Cette justice mandarine se doit rendre à toute heure, au moment même où les plaignants la réclament '. Un gong placé à la porte du mandarin, sert à l'avertir, quand son intervention est requise. En Chine, le ministère de l'avocat ou de l'avoué est inconnu ; pourtant le mandarin peut discrétionnairement autoriser un parent ou un ami de l'accusé à plaider la cause. Humblement agenouillé, l'accusé est interrogé par le mandarin -juge, seul appréciateur de ses réponses qu'il redresse au besoin. A cet effet, un bourreau se tient dans la salle même du tribunal ; sa fonction consiste à souffleter l'accusé ou les témoins avec une sorte de semelle en cuir, quand le juge trouve bon de rappeler les déposants à l'ordre et à la vérité f.

Cette justice sommaire, à la turque, est seulement de première instance; on peut toujours appeler de ses arrêts aux tribunaux supérieurs de Pékin; mais cet appel n'est pas une mince affaire ; aussi n'y a-t-on qu'assez rarement recours *. En effet, les cours provinciales d'ordre supérieur siègent non dans les provinces, mais dans la capitale, à Pékin même. Il en existe dix-sept, dont le personnel est composé, par moitié, de Mandchous et de Chinois *.

Enfin, à Pékin aussi réside le Ministère de justice, composé de deux présidents et de quatre vice-présidents mandchous et chinois; ce ministère a, dans ses attributions, tout ce qui concerne la justice de l'empire. Jamais les sentences capitales ne sont exécutoires avant d'avoir été ratifiées par

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