Gutzlaff, China opened, II
nissement et leur nombre va croissant avec la durée de l'exil et la distance du lieu d'exil *. A vrai dire, le bambou bâton* nant est la caractéristique de la pénalité chinoise. Il y joue le rôle prédominant des compositions pécuniaires dans nombre de codes barbares, par exemple dans celui de Sumatra. En nous occupant tout à l'heure des crimes et délits ainsi que des peines qui y sont afférentes, nous verrons quelles multiples applications du bambou fait le Code chinois et avec quel soin minutieux le législateur s'est efforcé de doser exactement le nombre des coups en proportion de la gravité de la faute. Les condamnés à mort subissent ordinairement non seulement la détention préventive, qui est assez ordinaire, mais ils doivent, en outre, aux termes de l'arrêt de mort lui-même, rester en prison jusqu'à la date générale des exécutions. Celles-ci, en effet, n'ont lieu qu'une fois l'an, et simultanément dans tout l'empire. Le jour des exécutions, qui tombe généralement en automne, est fixé, chaque année, par un rescrit impérial. C'est, pour tout l'empire, un véritable jour de fête légale, entraînant la cessation de toutes les affaires privées. Le spectacle des exécutions est très recherché, et la population rurale afflue dans les villes pour en goûter le plaisir *. Comme la faveur se glisse partout, l'empereur accorde quelquefois aux condamnés de marque un jour particulier pour leur supplice. Mais jamais, avant l'autorisation impériale, on ne doit procéder à une exécution à peine de quatre-vingts coups de bambou pour le mandarin trop pressé, qui même encourt encore quarante autres coups, s'il ne laisse pas s'écouler trois jours entre la réception de l'ordre impérial et l'exécution : ces trois jours sont comme un dernier délai, une chance suprême laissée au condamné 3.