Code pénal chinois, Préface
Même tarif gradué pour le bannissement limité et les coups de bambou. Là où un mandarin au-dessus du quatrième rang devra payer 4,800 taëls, un mandarin du septième rang n'en payera que 1,000; un licencié 800; un simple particulier 480 *.
Le système du rachat pénal existe en Chine depuis une époque fort ancienne. Le Chou-King dit en effet, que Ton peut racheter la marque noire sur le visage pour 100 hoan (six taëls six onces); l'amputation du nez pour 200 hoan, celle des pieds pour 500 hoan; la castration pour 500 hoan, et la peine capitale pour 1,000 hoan 8. Les scrupules légaux au sujet du système de la composition sont donc très sûrement de date relativement récente et ils n'ont pu, dans la pratique, triompher des vieilles mœurs. Enfin il est une autre manière, illégale celle-là, mais assez facile, d'échapper aux sentences de mort : elle consiste à se faire tout simplement remplacer à prix d'argent. Le médiocre attachement que les Chinois ressentent pour la vie, l'étroite solidarité qui les unit à leur famille, font que, si les parents d'un condamné à mort sont assez riches pour payer une somme modeste, quelque chose comme 500 francs de notre monnaie, ils trouvent sans peine un pauvre diable prêt à se substituer au condamné. La chose se fait aisément, moyennant quelques taëls donnés au geôlier, qui, la veille du jour fixé pour l'exécution, remplace le coupable par son suppléant volontaire 3. Ce remplaçant est ordinairement un homme déshonoré, excommunié par sa famille. En se sacrifiant ainsi au profit des siens, il se réhabilite. Au dire d'un consciencieux observateur, la substitution de personnes se ferait au vu et au su des autorités, et le condamné, ainsi soustrait à la mort,