Code pénal chinois, division VI, section cclxxxii
pour vie » est si bien reconnue par la loi que le "meurtrier involontaire encourt aussi la peine capitale. Quiconque a tué sans intention, dans un tumulte ou par accident fortuit ou par erreur, doit être étranglé *. La complicité purement morale, celle qui s'est bornée à conseiller artificieusement le meurtre, est punie avec une extrême sévérité, à l'égal du meurtre lui-même, par la décapitation 8.
L'empire chinois étant constitué théoriquement sur le principe même de la famille, de la famille paternelle, le meurtre des parents est naturellement d'une exceptionnelle gravité. L'auteur d'un parricide et ses complices doivent subir la mort lente et douloureuse. Si le parricide meurt en prison, la vindicte sociale se satisfera quand même en torturant son cadavre 3. Pour avoir simplement formé le dessein d'attenter à la vie non seulement de son père ou de sa mère, mais même de son grand-père et de sa grand'mère, décapitation, et le même châtiment frappe les complices. De ce chef, la femme est assimilée aux enfants de son mari, comme dans l'ancienne Rome, et, si elle se laisse aller à projeter simplement le meurtre soit de son époux, soit de ses père et mère, grands-pères ou grand'mères, elle est condamne à la décollation 4.
Dans cette vieille société chinoise, dont rien n'est venu interrompre l'évolution, la période de sauvagerie a laissé de nombreuses traces. C'est ainsi que la loi envisage tout différemment le parricide et l'infanticide. Le premier est, nous venons de le voir, puni avec une sévérité extrême. Au contraire, il semble que le législateur n'ait pas voulu édicter de peine contre le second, laissant ainsi au père de famille la