‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 209 sur 525 · Ibid., II · texte numérisé non relu

Ibid., II

permettre de dépecer le débiteur, et de s'en partager les lambeaux. La loi chinoise a, depuis longtemps, banni de tels abus de ses codes. Elle met bien des choses au-dessus de l'argent et inflige même quatre-vingts coups de bambou au créancier, qui se permet de se rembourser de ses mains '.

Mais où la loi chinoise est plus originale encore, c'est dans sa paternelle sollicitude pour l'agriculture. Elle ne veut pas que le sol reste en friche; elle défend que les produits en soient gaspillés; elle va même jusqu'à protéger les instruments de labour. Dans chaque district, le principal habitant est responsable de l'état des terres. S'il tolère qu'un dixième des terres labourables ne soit pas cultivé, il est puni de vingt coups de bambou et le nombre des coups croit avec chaque nouveau dixième négligé3. — D'autre part, quiconque laisse intentionnellement perdre des outils de labourage ou cause volontairement du dommage aux productions des champs est puni, comme s'il avait volé une valeur équivalente à la valeur perdue ou détruite3.

Dans toutes ces prescriptions, le Code chinois, comme la plupart des vieux codes, se soucie médiocrement de la liberté individuelle; en revanche, il ne perd pas de vue le tôté humanitaire ou plutôt utilitaire, au sens social du mol. Vais avant d'apprécier cette législation, si différente de la nôtre, il nous faut auparavant voir ce que sont devenues ces institutions dans les pays où la Chine les a implantées, par h conquête ou autrement.

Pour les peuples de race mongolique, la Chine a joué un rtle civilisateur des plus considérables. Le plus souvent par k force, elle a entraîné dans son orbite le Japon, la Corée,

Indo-Chine, la Birmanie, même le Thibet ; en résumé, elle

1- Code pénal chinois, division III, section cxlii. *- Ibid., division III, section xcvii.

*• ftid., division III, section xcvin.

a été, pour les races jaunes, ce que la Rome antique fui jadis pour la majeure partie des races blanches. Là même où la Chine n'imposa point ses institutions par la force des armes, elle n'en exerça pas moins une grande influence par le seul prestige d'une organisation relativement supérieure et l'on s'efforça de la copier. De ces imitations imposées ou volontaires il est résulté des gouvernements singuliers, pastiches plus ou moins réussis du Céleste Empire, et que nous allons passer rapidement en revue.

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