Dikson, Japan
h. Kacmpfcr, Hist. du Japon, liv. V, 224.
198 L'ÉYOLUTrON JURIDIQUE.
relies et la mort le peuvent expier1. La peine capitale entraîne de droit la confiscation des biens et c'est la raison principale de la coutume du harakiri, qui nous semble si étrange. En effet tout Japonais d'un rang élevé se fait us devoir de se tuer, s'il le peut, avant sa condamnation. De leur côté, les parents, les amis s'efforcent de lui faire passer une arme dans sa prison, s'il est incarcéré, pour qu'il puisse s'ouvrir le ventre : c'est le mode de suicide noble. Si la chose est impossible, on s'entend parfois avec les tortionnaires, chargés de donner la question; à prix d'argent on obtient d'eux qu'ils aient la main trop lourde et tuent le patient, dont la famille évite ainsi la ruine. Car l'antique système de la solidarité pénale est ou était tout récemment encore en vigueur au Japon même en dehors de la famille. On y est souvent puni pour les crimes d'autrui. Les hôtes et les maîtres des criminels partagent leur châtiment ; car on est coupable du crime que l'on a négligé de prévenir2. Tout serviteur meurtrier de son maître est considéré comme ayant commis un attentat énorme; il devient, ipso facto, un ennemi de l'empereur lui-même et en vertu du principe de solidarité, toute sa famille est kando, excommuniée, dans toutes ses branches et racines3.
Tout cela est bien dans l'esprit chinois. Mais où le Japon s'écarte de la Chine, du moins de la Chine actuelle, et lui est très inférieur, c'est dans l'omnipotence laissée au souverain. L'empereur est le maître, le grand justicier; ses ordres ont force de lois. Des écriteaux laconiques, impérieux et ne donnant point de motifs, font connaître au peuple les volontés du maître4. Le Siogoun lui-même devait, une fois par mois, et