‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 213 sur 525 · Kaempfer, Histoire du Japon, III, 340 (Appendice · texte numérisé non relu

Kaempfer, Histoire du Japon, III, 340 (Appendice

à l'improviste, assister aux séances du bureau de la justice (L. Metchnikoff, 613). L'empereur a naturellement droit de vie et de mort. Une légende rapporte que, dans une chasse, un empereur s'étant précipité, pour le tuer, sur un serviteur qui avait manqué un sanglier, en fut empêché par sa femme, qui lui dit : « Si vous tuez les hommes, quand vous manquez le gibier, quelle différence y aura-t-il entre vous et les fauves1? » C'est despotiquement et parce que tel était leur bon plaisir qu'une série d'empereurs japonais, engoués de la Chine, se sont efforcés de façonner leur pays sur ce modèle. De 645 à 662 après Jésus-Christ, un empereur sinophile créa, à l'exemple de la Chine, six ministères, dont un de la Justice, des mœurs et cérémonies, c'est à dire de la justice et des rites2. — Les jésuites nous parlent d'un autre empereur, terrible justicier, frappant sans merci ses plus proches parents3. Mais ce sévère et aveugle niveau n'est pas la règle ordinaire. Le Japon n'a point, comme laChine, brisé le moule des castes etaboli, aumoinsen principe, les privilèges de la naissance. Les princes et les grands sont rarement exécutés ; d'habitude on se contente de les bannir dans certaines îles ou au plus on leur ordonne de se tuer*. Tout le corps de la noblesse a la haute main sur les marchands et les classes inférieures. Le samouraï, à qui un homme de rien a manqué de respect, a le droit de le châtier lui-même, sans recourir aux autorités. A son tour et pour la même faute vis-à-vis d'un supérieur, le samouraï de petite noblesse peut être traité comme un marchand 5. C'est l'iniquité habituelle dans les monarchies encore barbares.

Le régime des prisons accuse aussi une grande grossièreté, un état de civilisation où l'homme accusé ou convaincu de

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