Jancigny, le Japon
bamboué et presque tout le monde jouait du bambou sur le dos de ses inférieurs. Les parents bambouaietit leurs enfants, les maris leurs femmes, les officiers leurs soldats, les généraux leurs officiers1. On bambouait jusqu'aux acteurs, qui avaient mal joué leurs rôles. La Cochinchine, qui n'a formé un État séparé de la Chine que quelques siècles seulement après Jésus-Christ, a conservé dans l'ensemble de ses mœurs et institutions une physionomie chinoise très accusée. Son code criminel et ses supplices sont identiques à ceux des Chinois3. On peut en dire autant de TAnnam, qui a une nombreuse classe de mandarins et où la législation est la même qu'en Chine, mais y est beaucoup plus mal appliquée. De seize à soixante ans aussi, dans l'Annam, tout individu dépend de l'État, qui peut réclamer de lui soit un service militaire, soit un service de corvées. — Personne ne doit sortir du royaume et personne n'est à l'abri de la bastonnade3. — Les supplices sont les mêmes qu'en Chine. On y édicté la mort simple par décapitation, la mort tente ou le supplice des couteaux, en outre un genre de mort plus raffiné, qui semble inusité en Chine : c'est la mort avec sursis indéfiniment renouvelé. Tous les six mois ou tous les ans, le jugement du condamné est revisé, et Ton remet le dossier du procès sous les yeux du roi, qui ordonne l'exécution ou accorde un nouveau délai à son choix; d'où une forme perfectionnée de l'épéede Damoclès*.
Quantau royaume de Siam, c'est le plus parfait modèle de la monarchie barbare et du despotisme le plus absolu. Le roi s'appelle, entre autres titres, c tout-puissant, infaillible ». (Kong-Louang). Dans les limites du royaume, tout le monde
i. Jancigny, Indo-Chine, 577.