Ibid., loc. cit
omnipotence, condamnait surtout à l'amende, méthode bien plus fructueuse pour le trésor. Les condamnés à mort étaient enterrés vivants. Pour les délits médiocres, la mutilation des mains, des pieds, des doigts était le châtiment ordinaire. Le mari, lésé dans sa propriété par l'adultère de sa femme, appliquait à l'amant une sorte de torture des brodequins et ne le lâchait qu'après s'être ainsi fait céder tout son bien. L'ordalie était employée dans les cas douteux; l'accusédevait plonger sa maindans de l'huile bouillante, etc1. Ces renseignements sont précieux en ce qu'ils nous renseignent sur le lointain passé de la péninsule, sur les temps qui ont précédé la conquête chinoise.
Pour achever de passer en revue les principaux Etats tributaires de la civilisation chinoise, il me reste à dire quelques mots de la Birmanie et du Thibet. — La Birmanie est ou plutôt était, hier encore, un exemplaire parfait de la monarchie barbare. Aucun Birman ne pouvait sortir du pays et tous les habitants étaient, comme à Siam, la propriété du roi, qui disposait $ son gré de la vie et des biens de ses sujets. Les gouverneurs de province cumulaient tous les pouvoirs, y compris le judiciaire, mais on pouvait appeler de leurs décisions au grand conseil de la capitale. — Tous les jours, et ceci est une coutume évidemment d'origine chinoise, les fonctionnaires se réunissaient dans une grande salle ouverte pour rendre la justice \ — Les rites étaient obligatoires, comme en Chine, et quiconque avait l'audace de faire construire une maison d'un type supérieur à celui auquel lui donnait droit son rang social encourait la peine de mort3.
Tout en étant chinoise pour une part, la législation pénale semble avoir été plus sévère en Birmanie qu'en Chine,