Ibid.y
puisque le vol y était encore puni de mort, à la mode sauvage1.
Quant au royaume théocratique du Thibet, il a été assez rarement visité par les Européens et nous savons bien peu de chose sur sa justice ; mais elle est vraisemblablement très imparfaite, car le pays vit sous le régime de la monarchie absolue, a?ee cette aggravation que le monarque est un personnage divin et réputé immortel. Nous savons d'ailleurs que ce demi-dieu cumule tous les pouvoirs et que tous ses sujets sont corvéables*.
Dans le Boutan, très analogue au Thibet proprement dit, le vol semble être considéré comme le plus grand des crimes. Le voleur est d'abord emprisonné, puis vendu comme esclave ; ses parents même sont quelquefois punis avec lui3. Les coups, blessures, attaques, etc., sont tenus pour affaires privées. L'adultère n'est pas non plus châtié par les lois, mais le mari a le droit de tuer les coupables. Le meurtre se rachète par une amende de 126 roupies payée au debrajah, etc. ; mais, en cas d'insolvabilité, le meurtrier est, par une sauvage application du talion, attaché au cadavre de sa victime et jeté avec lui dans une rivière*. — I/ordalie à l'huile bouillante est en usage devant les tribunaux, très peu enclins à poursuivre d'eux-mêmes les délinquants5.
En résumé, la justice du Thibet et du Boutan paraît n'avoir pas dépassé encore la primitive période où il y a surtout des torts et fort peu de délits, ou un vaste champ est laissé à la vengeance individuelle ou familiale.
Il en est de même chez les Mongols nomades, qui nous représentent encore aujourd'hui un stade de développement,