Ibid
par lequel ont dû passer tous les peuples de race jaune. En Mongolie, le meurtre et le vol sont punis très sévèrement, mais à condition que la partie lésée porte l'affaire devant les tribunaux, qui, sans cela, ne s'en occupent point1. Si le voleur ne se rachète point, il paye une amende, restitue l'objet volé et subit une peine expressive: l'amputation d'un doigt8. L'adultère, les blessures, les meurtres, tout, en un mot, peut s'effacer par de suffisantes compositions et l'on a même établi à ce sujet un tarif très détaillé3. Le maître peut être puni, s'il a tué injustement son esclave4.
Marco Polo nous apprend, que, de son temps, en Tartarie, les petits vols s'expiaient par la bastonnade et que le nombre des coups, variable suivant les cas, devait toujours finir par sept (7, 17, 27, 37,47, jusqu'à 107). Les vols importants, celui d'un cheval par exemple, entraînaient la mort; le criminel était coupé par le milieu du corps, à moins qu'il ne payât neuf fois la valeur de la chose dérobée5. Je me borne à effleurer seulement, en signalant les faits les plus saillants, ce qui a trait à la justice dans les pays mongoliques, dans ceux du moins qui ont plus ou moins subi l'influence chinoise. Ces faits nous révèlent soit un état très barbare, qui a dû préexister à la grande civilisation chinoise dans l'Empire du Milieu lui-même, soit des déviations du système chinois importé chez des peuples inférieurs. — Nous voilà maintenant en mesure d'efmbrasser d'un coup d'œil général toute l'organisation de la justice chinoise et l'évolution d'où elle est issue.