‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 223 sur 525 · II. — LES TOUAREG · texte numérisé non relu

II. — LES TOUAREG

Dans les tribus touareg du Sahara, la justice est encore très primitive. Il n'y a de kadi, de juge en titre, que dans les grandes oasis, et Ton s'adresse rarement à lui. Le chef de famille est le juge naturel des siens, et les chefs de tribu rendent la justice dans leurs tribus respectives; ils ont le droit de condamner à l'amende, à la bastonnade, à la mise aux fers. Chez les Touareg, il n'y a pas de prison et la peine de mort est légalement inconnue; car, pour les crimes, les parents des victimes appliquent le talion, que le chef de tribu, VamgAâr, ordonne aussi quelquefois afin d'éviter la guerre entre tribus.

Le raeurlre peut se racheter par une composition suffisante ; mais, si cette composition n'est pas accordée, le talion suit son cours et avec solennité. Les deux familles, celle du meurtrier et celle de la victime, convoquent des témoins et, en leur présence, le coupable est supplicié, souvent avec une grande cruauté * ; car aucune autorité, aucune loi n'interviennent pour régler et modérer les vengeances.

Pour l'infanticide commis par une fille, le père de la coupable est souverain juge; il punit ou pardonne à son gré*.

La justice de la tribu s'exerce surtout à propos de certaines contestations soit entre Touareg seulement, soit entre Touareg et étrangers. On se réunit en assemblée (mia* drf), et c'est une occasion fort prisée de banqueter et de déployer ses talents oratoires. Le congrès se tient en plein air et les assistants, accroupis à l'orientale, forment deux arcs con-

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