Ibid
centriques, en dehors desquels se presse la foule des auditeurs. Les parties parlent successivement, lentement, sobrement, distinctement. Les chefs prennent, les derniers, la parole et concluent. Souvent plusieurs séances sont nécessaires pour terminer le débat et c'est ordinairement un marabout, qui scelle la conciliation *. On décide d'après le droit coutumier, traditionnel, dont les dispositions sont conservées dans la mémoire des anciens. Ce,droit s'appelle Aâda 2; les vieilles coutumes, qui le constituent, sont minutieuses ; elles règlent tous les détails des affaires et des conciliations; elles disent, par exemple, entre les mains de quel parent doit être versée une composition jugée nécessaire3. Pour les affaires exceptionnellement importantes, on s'inspire du Koran et du Traité de Jurisprudence de Sidi-Khâlil \
Dans les oasis du Sahara, le fond des mœurs judiciaires est le même. A Syouah, le meurtrier est livré aux parents de la victime, qui peuvent, à leur gré, le tuer, le torturer ou bien lui pardonner et accepter une composition 8. Il semble que, dans les oasis, le système des compositions soit plus largement pratiqué qu'il ne Test par les tribus nomades ; c'est qu'on y est un peu plus civilisé. A Syouah, le vol se rachète par une amende en dattes, dont la quotité varie avec l'importance du larcin. Seul, le larron insolvable paye de sa personne. Alors les gardiens des portes de l'oasis, faisant office de bourreaux, bâtonnent le coupable ou le fustigent sur les reins avec de forfes lanières de cuir. Au fur et à mesure de l'exécution, l'un des exécuteurs verse sur les blessures du patient de l'eau salée, pour les rendre plus cuisantes. Le nombre des coups à recevoir est déterminé