‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 234 sur 525 · Md.t III · texte numérisé non relu

Md.t III

honneur, un homme outragé doit se venger avec éclat; par exemple, quand il a été insulté en présence de sa femme ou même d'une femme quelconque1.

D. Adultère et crimes contre les mœurs. — En parlant du mariage kabyle ', j'ai dit combien l'opinion publique et les kanouns sont sévères dans toutes les affaires de c mœurs > . L'homme convaincu d'adultère est frappé d'une amende et condamné à l'exil. En outre le mari ou même un parent doivent se venger ; en le faisant, ils ne s'exposent à aucune répression pécuniaire, mais seulement à la rek'ba 3. Parfois le mari ou le parent, enclins au pardon soit par clémence, soit par prudence, se contentent de donner satisfaction à l'opinion publique par un simulacre de vengeance, par exemple, en tirant seulement à poudre sur le larron de leur honneur \ — L'homme adultère est condamné à la même amende que la femme; et il est toujours considéré comme ayant fait les premières avances. L'amende imposée à la femme est celle que son mari doit payer, s'il ne la répudie pas 5 ; mais l'époux est autorisé par l'usage à sacrifier, si cela lui convient, la femme adultère. C'est là certainement une survivance des temps primitifs et, en fait, la colère du mari offensé va rarement aussi loin °.

La femme kabyle, même répudiée ou insurgée, qui devient enceinte hors du domicile conjugal, est toujours mise à mort et, pour la même faute, la veuve et la jeune fille subissent le même sort 7. Pourtant si la grossesse est résultée d'une violence bien prouvée, l'enfant seul est mis à mort. Selon

Page 1