‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 257 sur 525 · IV. — DU VOL · texte numérisé non relu

IV. — DU VOL

Le talion exact ne s'applique pas non plus pour le vol, dont la répression remonte sûrement à une très haute antiquité, puisque c'est le délit que l'on punit avec le plus de rigueur dans toutes les sociétés sauvages. Mais, pour le vol, la retaliation est souvent impossible; toutes les fois, par exemple, que le larron est pauvre. Aussi les Arabes ont-ils, pour punir le voleur, remplacé le talion par une peine qui s'en inspire : par une peine t expressive ».

Les Bédouins d'Arabie, chez qui se sont conservées beau- / coup de coutumes barbares, antérieures même à l'islamisme, ont sur le vol les idées communes à tous les peuples peu développés encore. Au fond, ils n'ont pour le vol aùbune aversion morale; ils le trouvent même fort louable, quand il se pratique au détriment de l'étranger et ils sont de déterminés pillards. Dans cette voie, ils vont bien plus loin encore puisque leurs yeux le meurtre même d'un étranger ne constitue pas un acte criminel, tandis que celui d'un Bédouin doit être puni de mort*. — Pour donner une couleur honnête à leurs déprédations aux dépens des étrangers, les Bédouins ont imaginé une singulière fiction; ils allèguent, que leurs ancêtres ont beaucoup souffert des mauvais traitements, jadis infligés par Abraham à leur père Ismaël, et en concluent qu'ils ont le droit de se venger sur la postérité d'Isaac, dans laquelle ils englobent tous les étrangers. Après avoir pillé ces soi-disant parents, ils ne disent pas : c J'ai volé », mais bien « J'ai recouvré telle chose* ». Dès qu'ils aperçoivent un

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