‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 258 sur 525 · G. Sale, loc. cil · texte numérisé non relu

G. Sale, loc. cil

24* L'ÉVOLUTION JURIDJQUE.

voyageur étranger, ils se couvrent leur visage jusqu'aux yeui avec leur turban et se précipitent, la lance en arrêt, sur ce parent probable en lui criant : c Dépouille- toi, maudit; ti tante est toute nue » ; c'est-à-dire t ma femme n'a pas de quoi s'habiller 1. On dit c ta tante », pour ne pas dire c ma femme », ce qui serait inconvenant1. Le besoin prétendu vient ainsi au secours de la prétendue parenté et achève de justifier l'attentat à la propriété. Les pillards ne font d'ailleurs aucun mal au passant, qui se laisse dépouiller sans résistance ; car ils n'en veulent aucunement à sa vie 9.

Mais ces déterminés voleurs de l'étranger sont, dans leur campement, d'une extrême probité3 et ils punissent avec une cruauté sauvage les larcins commis au détriment de l'un des membres de la communauté. Sans se soucier des peines expressives, dont je parlerai tout à l'heure, tantôt ils ' pendent les voleurs, tantôt ils les empalent4, ou bien ils leur lient les mains derrière le dos et les tuent à coups de lances. Parfois, sur le littoral, on jette à l'eau avec une pierre au cou les individus coupables de vol 5.

Le Prophète a donc été d'une clémence relative en écrivant le verset suivant du Koran : t Vous couperez les mains des voleurs, homme ou femme, en punition de leur crime. C'est la peine que Dieu a établie contre eux. Il est prudent et sage*, i À tout prendre, cette peine expressive, frappant la main coupable elle-même, est préférable à la mort; de plus, elle rentre nettement dans le système du talion. — À propos de ce verset, les jurisconsultes arabes n'onjpas manqué d'exer-

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