Khalll, etc., loc. cit., ch. xlvii, section I, par
contre l'ivresse : le succès de cette contrainte légale a été complet et aujourd'hui l'ivrognerie est à peu près inconnue chez les croyants.
Depuis bien longtemps les Arabes vivent en régime monarchique et, dans toutes les monarchies, la rébellion est tenue pour un crime énorme, mettant ses auteurs hors la loi. A plus forte raison en est-il ainsi dans les pays théocratiques, où le souverain est le mandataire même de la divinité. 11 n'y a donc pas lieu de s'étonner que, chez les Arabes, la rébellion soit punie de mort, comme l'apostasie : car dans les deux cas, le crime politique est en même temps un péché1. La législation arabe s'est même efforcée de mettre à Taise la conscience des sujets loyaux, soutenant leur prince. La loi en effet se contente de blâmer quiconque, dans une mêlée pour cause de rébellion, tue son père ou sa mère; elle n'a pas même de blâme pour le croyant, qui, dans ce cas, tue son fils, son frère, son aïeul paternel ou maternel 9. Mais ce qui est tout à fait inattendu, c'est l'esprit de clémence, dont la loi veut que le souverain soit animé envers les rebelles vaincus. S'ils i sont Musulmans, le prince, qui a tout d'abord le devoir de les réduire, désarmera moralement après la victoire. On ne brûlera pas les arbres; on ne portera point les têtes des morts au bout des lances; on rendra aux vaincus les armes, animaux, objets, à eux appartenant, dont on se sera servi pour les battre; on ne les poursuivra pas dans leur fuite et on n'achèvera pas leurs blessés3. Tant de mansuétude, des conseils à la fois si sages et si humains, dans une législation barbare ! Voilà qui est fait pour nous surprendre, nous Européens soidisant très civilisés, mais blasés sur les sauvages répressions qui rendent nos guerres civiles si particulièrement horribles.