‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 278 sur 525 · II. — l'homicide · texte numérisé non relu

II. — l'homicide

Après avoir constaté, et cela est bien facile, que le talion a formé, en Judée comme en Arabie, le fond de la justice primitive, il nous reste à voir comment étaient appréciés et réprimés chez les Juifs les principaux 'crimes et délits, en commençant par le plus grave de tous : l'homicide.

La Bible distingue plusieurs espèces de meurtre : le meurtre intentionnel, le meurtre involontaire, le meurtre d'un esclave. Pour le premier, le meurtre volontaire, nous avons vu que le talion est de rigueur. Vie pour vie est la grande règle, et le plus proche parent devient le vengeur du sang, le goël. D'abord ce parent eut l'obligation de pourchasser réellement le meurtrier et le droit de le tuer partout

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où il le pouvait rencontrer ; plus tard il dut seulement le pour suivre devant les tribunaux. Sur ce point, le texte sacrées précis : « Un homme en frappe-t-il un autre à mort, qui! meure lui-même... Si quelqu'un pousse la scélératesse confc? son compagnon jusqu'à le tuer dans un guet-apens, de ma autel même tu l'arracheras pour le faire mourir1. » Moi* n'admet pas de composition pour le meurtre s ; mais le système des compositions est si bien dans la nature humai» qu'il apparaît partout dès que les sociétés sortent de la sauvagerie tout à fait primitive. Déjà l'Exode autorise la corop: sition pour la mort causée par un bœuf vicieux, alors mèm que le propriétaire de l'animal savait qu'il était dangereux .

Pour le meurtre involontaire, la loi hébraïque est pte clémente : « Choissisez-vous des villes de refuge, où se retireront les meurtriers, qui auront tué par erreur. Elles voie serviront de lieux de refuge contre le vengeur (goêl), de Idt sorte que le meurtrier ne meure point avant d'avoir compara devant la communauté pour le jugement. 1 — c Les bourgi que vous désignerez à cet effet seront au nombre de six. »- « Si le meurtrier quitte le territoire de la ville de refuge où il s'est sauvé et si le vengeur de sang le trouve en dehors, il le pourra massacrer sans être responsable de son sang *. >

Au meurtrier involontaire, il était permis de venir se faire juger par le peuple, c'est-à-dire par l'assemblée des hommes de son village, quelque chose comme la djemtm kabyle, puis, une fois absous de l'accusation d'assassinat, il devait être reconduit sain et sauf dans l'asile et y séjourner jusqu'à la mort du pontife en exercice : on ne lui demandait point de composition. Au contraire, pour l'assassin véritable, il n'est

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