‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 279 sur 525 · Nombres, xxxv, 10-28 (trad. Ledrain · texte numérisé non relu

Nombres, xxxv, 10-28 (trad. Ledrain

1 point de refuge. Les anciens ont le devoir de le faire saisir, dans les bourgs d'asile même, et de le livrer au vengeur du sang (goël), qui l'exécutera sans pitié « pour effacer d'Israël le sang innocent1 t. — Pour tout meurtre, dont l'auteur était inconnu, on procédait à une cérémonie expiatoire : « Nos mains n'ont pas répandu ce sang et nos yeux ne l'ont pas vu répandre, etc., s'écrieront les anciens et ils sacrifieront une génisse8. *

A cause sans doute de la pratique invétérée du talion, le vieil esprit hébraïque est essentiellement un esprit de vengeance. Le Dieu des Juifs, naturellement semblable à son peuple, est impitoyable ; il poursuit c l'iniquité des pères dans leurs fils, pour la châtier, jusqu'à la troisième et quatrième génération3 ». Néanmoins cette sauvage fureur s'adoucit peu à peu et nous voyons, dans le Deutéronome, le législateur déclarer que la faute doit être personnelle à son auteur : « Qu'on ne fasse point mourir les pères pour les enfants ni les enfants pour les pères ; mais que chacun soit frappé pour sa faute personnelle4. * Sur ce point la Bible se relève et rompt nettement avec l'aveugle justice collective en usage chez les peuples encore barbares ; mais elle retombe à leur niveau, quand il s'agit du meurtre de l'esclave. On ne saurait trop citer le verset féroce qui assimile l'esclave au bétail : « Si quelqu'un frappe avec le bâton son esclave mâle ou femelle de façon qu'il expire sous sa main, on en tirera vengeance. > Jusque-là tout est bien ; mais le texte saint continue : « S'il vit encore un jour ou deux, il ne sera point vengé; car c'est l'argent du maître*. * Dans l'ancienne Egypte et dans plusieurs autres États barbares, la vie des bestiaux était

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