Thonissen, loc. cit., H
Israël. » — « Chaque année, il faisait sa tournée à Belhel; à Guilgal, à Miçpa, et jugeait le peuple en tous ces lieux ». — € Il retournait ensuite à Rama, où était sa maison, et d'où il dirigeait le peuple1. » Devenu vieux, Samuel c établit ses fils comme juges à sa place * > ; car ce souverain viager faisait déjà fort bon marché de l'élection des juges. Ce fut même parce que les fils de Samuel étaient des juges prévaricateurs que les Israélites allèrent supplier leur vieux chef de leur donner un roi, qui fût en même temps un juge3. En effet les monarques d'Israël furent toujours les grands justiciers de leur peuple. Salomon rendait la justice avec ostentation; il est même presque aussi dèlèbre, comme juge, que comme potentat : € La sagesse d'Elohim résidait en lui pour rendre la justice \ *
Une fois en régime monarchique, Israël s'habitua sans peine, ainsi que l'ont fait tant d'autres peuples, à personnifier la suprême justice dans le monarque régnant.
Sur ce sujet le prophète Jérémie est éloquent et explicite : t Écoutez la parole d'Iahvé, maison de David : voici ce que déclare Iahvé : « Rendez justice dès le matin et tirez le « dépouillé de la main de son oppresseur, de peur que ma « fureur n'éclate, comme un feu, et ne dévore sans que per- « sonne puisse l'éteindre, à cause de la méchanceté de vos
« actes6. » Comment n'aurail-on pas réclamé la justice de celui à qui l'on reconnaissait un pouvoir plus qu'humain?* En effet l'indignation du roi, disent les Proverbes, est, comme le rugissement d'un lion0. > — Mais l'abandon au monarque du droit de souveraine justice a partout une conséquence