‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 295 sur 525 · Proverbes, xix · texte numérisé non relu

Proverbes, xix

naturelle; c'est que le maître omnipotent abolit bien vite toute l'ancienne organisation républicaine des tribunaux. II ne tolère pas des juges élus ; ce qu'il lui faut, ce sont des juges fonctionnaires, nommés par lui et rendant la justice en son nom. Cette justice par délégation s'établit en Judée comme en bien d'autres contrées, mais lentement; ce fut seulement le roi Josaphat, qui institua définitivement une administration judiciaire, générale et hiérarchisée : des juges inférieurs résidant dans toutes les villes et, à Jérusalem, un tribunal suprême composé de prêtres, de lévites, et de chefs de famille '• Cette haute cour, dont l'organisation se perfectionna beaucoup, devint fort célèbre : ce fut le Sanhédrin.

Avant les rois, la justice hébraïque avait été primitive. A des juges de tribu, les prescriptions simplistes de la Bible pouvaient suffire. Quand le pays fut plus civilisé, quand on l'eut doté d'une hiérarchie judiciaire savante, les jurisconsultes se mirent à l'œuvre ; ils interprétèrent méticuleusement les textes, en affinèrent le sens, en adoucirent souvent l'application et il en résulta la justice et la procédure rabbiniques, qui semblent avoir fleuri surtout après la conquête romaine. En effet, un siècle après la prise de Jérusalem, Rabbi Jehuda rédigea un code dérivant de la Bible, comme le traité du jurisconsulte arabe, Khâlil, procède du Koran, mais étant infiniment moins fruste que ce dernier. Pour cette dernière phase de l'organisation judiciaire en Judée, force est de s'en rapporter aux traditions rabbiniques, qui certainement nous font voir les choses en beau, mais pourtant doivent bien, en gros et d'une manière générale, ne pas trop s'écarter de la vérité. Au bas de l'échelle judiciaire, nous dit-on, il existait, dans chaque bourg comptant moins de cent vingt chefs de famille, un tribunal de trois juges, statuant sans appel sur les

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