‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 30 sur 525 · Dugès, Physiologie comparée · texte numérisé non relu

Dugès, Physiologie comparée

un scalpel, au niveau de l'auréole du mamelon, sur une étendue de 10 à 11 centimètres, sans intéresser les muscles sous-jacents.Nous vîmes aussitôt le grand pectoral, le biceps, puis le brachial antérieur et les muscles couvrant l'épitrochlée se contracter successivement et rapidement. Le résultat fut un mouvement de rapprochement de tout le bras vers le tronc, avec rotation du bras en dedans et demi-flexion de l'avantbras sur le bras, véritable mouvement de défense, qui projette la main du côté de la poitrine jusqu'au creux de l'estomac1, t Comment expliquer ces faits, à première vue si singuliers et identiquement les mêmes chez un insecte, chez un reptile et chez l'homme? Fort simplement. Non seulement la mante religieuse, la grenouille et l'homme, sur lesquels on expérimente, ont dû de bonne heure prendre l'habitude soit d'écarter ee qui leur causait une impression douloureuse, soit de riposter à toute attaque venant du dehors; mais leurs ancêtres directs ou lointains ont nécessairement fait de même. Or, à force de se répéter, les actes, conscients ou non, laissent dans les centres nerveux des empreintes de plus en plus profondes; ils s'incarnent, s'enregistrent dans les cellules nerveuses et finissent par se produire spontanément, automatiquement, indépendamment de toute intervention de la volonté; ils sont alors devenus instinctifs. À partir de ce moment, la coordination des mouvements de défense, si compliquée qu'elle soit, est essentiellement involontaire, purement mécanique et automatique; l'excitation des extrémités périphériques d'un nerf provoque simplement alors une série de détentes de longue date incarnées dans les centres nerveux. Non seulement l'intervention de la volonté consciente n'est pas nécessaire à l'exécution de ces mouvements profondément inscrits dans les cellules

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