Darcstc, Études hist. droit
d'honneur. Les missionnaires des xvn8 et xvm* siècles nous en ont rapporté de curieux exemples, qu'ilfaut citer.
Un guide s'est engagé à convoyer des voyageurs. En route il rencontre des gens appartenant à une caste dite c de voleurs * et qui veulent piller le convoi : pour les arrêter, le guide se coupe les oreilles et les assaillants sont moralement obligés d'en faire autant.
Autre exemple : une femme insultée par une autre femme va se casser la tête contre la porte de celle-ci, qui est morament contrainte de s'empoisonner.
Ailleurs, c'est un Indien, qui, se jugeant mortellement outragé par un autre, sacrifie ses enfants pour se venger dans un duel au talion. Pour commencer il broie entre deux pierres la tête d'un de ses fils âgé de quatre ans; aussitôt l'offenseur poignarde sa fille âgée de neuf ans, et le duel continue ainsi d'infanticide en infanticide, coûtant la vie à sept victimes.
Les femmes surtout pratiquaient fréquemment ce genre de talion, se sacrifiant avec joie pour assouvir leur vengeance. S'il advenait que l'offenseur ne suivît pas l'exemple qui lui était donné, l'opinion publique se soulevait contre lui ; on brûlait sa maison; on pillait son bétail ; on lui faisait subir toute sorte de mauvais traitements, afin de le contraindre à s'exécuter1.
C'est sur ces mœurs primitives, persistant encore après bien des siècles, que vint se greffer la législation brahmanique, curieuse à plus d'un titre. A première vue, on est étonné de voir combien le plus grand des crimes dans les codes civilisés, l'homicide, tient peu de place dans le Code de Manou, tandis que le législateur s'est attardé très longuement sur le vol et tous les attentats à la propriété. Voici