Ibid
Peine réduite, si la femme est de basse caste — Une femme mariée, violée par un homme d'une caste inférieure à la sienne, est répudiable par son mari1. Si une brahmîne est assez dénuée de sens moral pour se livrer à un soudrâ, que le souverain la fasse mettre à mort et que son cadavre soit jeté aux chiens ; si elle a pris pour amant un kchatria ou un vaicya, on la chassera seulement, mais après lui avoir versé de l'urine sur la tête8.
Les attentats à la pudeur commis sur les jeunes filles entraînent une peine inspirée par le talion : c Si un homme, avec le doigt ou autrement, blesse une fille vierge, de caste élevée, il subira l'amputation du doigt et payera une amende de G00 pana3. »
De cette revue de la pénalité brahmanique relativement aux crimes contre les mœurs, il ressort en premier lieu que la législation a évolué, en dépit des codes théocratiques, puisque, dans les temps modernes, on en est arrivé à ne plus édicter qu'une amende contre l'adultère*, primitivement considéré comme un crime atroce ; mais ce qui éclate pardessus tout, c'est l'iniquité, basée sur le régime des castes, et s'étalant impudemment dans les codes.
' E. Attentais à la propriété. — Dans les codes hindous, les attentats contre les personnes tiennent une place relativement petite. C'est que les sociétés monarchiques de l'Inde n'en sont plus à la barbarie à peine mitigée des Arabes. Leur structure est beaucoup plus complexe; le luxe s'y est grandement développé et les préoccupations d'intérêt y jouent un rôle très important. Or, les législations sont toujours en rapport étroit avec l'organisation sociale et politique d'un
i. Sicé, loc. cit., 216-217.