Ibid
prouve évidemment la légèreté de l'accusation; celle épreuve extrêmement douce, est réservée aux brahmanes; 2° le feu. On fait rougir cérémonieusement un morceau de fer, que l'accusé doit pouvoir tenir impunément dans la main, s'il est innocent : cela s'appelle l'ordalie du kchalria; 3° l'eau. L'accusé doit plonger pendant le temps nécessaire pour lancer et aller chercher une flèche : c'est l'épreuve du vaicya ; 4° le poison. L'épreuve consiste à ingérer une substance vénéneuse, qui doit être inoflensive pour l'innocent : c'est l'ordalie du soudra1. Parfoisaussi, le voleur, ou plutôt l'accusé de vol, doit plonger la main dans l'eau bouillante ou dans un vase contenant un serpent, et cela sans dommage pour lui, s'il est innocent \ Ce sont là des épreuves marquées au coin de la justice primitive; mais nous savons que, dans tous les pays du monde, la jurisprudence y a eu recours jusqu'à une époque très moderne; car partout les procédés judiciaires se modifient avec une extrême lenteur.
I. Pénalité. — Pour terminer, j'énumérerai très brièvement les principales pénalités en usage dans l'Inde. Ce sont : la détention, et Manou veut que les prisons soient situées sur la voie publique, pour l'exemple3; l'amende, variable suivant les cas, et dont répond le canton sur le territoire duquel a été commis le crime 4; la marque au front, diverse suivant le crime et choisie de manière à le rappeler 5 ; la fustigation; en outre la saisie des biens, les travaux public, la réprimande, l'exil pour le brahmane c; parfois des peines féroces et fantaisistes, consistant, par exemple, à livrer le coupable à des soldats, dits c soldats à la grande gueule », qui le