Tabari (trad. Zotenberg), II
5. Ibid., I, 283, etc. (Voir Dareste, loc. cit., 111,114-117).
est historique, le droit sauvage de la vengeance, tel qu'il existe chez les peuples tout à fait primitifs, tel que nous le rencontrerons bientôt chez tous les Aryens barbares, depuis les Parthcs jusqu'aux Germains. Mais cette loi de la relaliation n'a jamais cessé d'être en vigueur en Perse et elle y subsiste sans doute encore, puisque des voyageurs modernes l'y ont vu appliquer. Fraser raconte que le meurtrier d'un jeune homme assassiné fut livré à la vieille mère de sa victime. Celle-ci refusa toute compensation et, ayant fait maintenir le Voupable devant elle, elle le perça de cinquante coups de couteau; après quoi, elle se donna le plaisir de passer sur ses lèvres la lame ensanglantée1. Un voyageur français, Drooville (1812-1813), rapporte aussi que le talion est la loi générale de la Perse2. On peut donc affirmer que, dès les temps les plus reculés, le droit de vengeance légale a existé chez les Persans, puisque nous en constatons l'existence depuis les Sassanides jusqu'à nos jours.
Actuellement il existe en Perse trois juridictions : 1° les affaires de police, les rixes, etc., les menus délits sont jugés par les darogas, siégeant dans les bazars; 2° les affaires de vol, de brigandage, d'intérêt, de répudiation, de divorce, sont portées au tribunal des kadis; 3° la juridiction royale s'étend sur la noblesse, les grands, les princes ou gouverneurs de provinces ; elle tranche les contestations relatives aux propriétés, juge les malversations, les crimes de haute trahison. A la mode barbare, tous les jugements sont rapides, sommaires et exécutés sur-le-champ3.
Mais, en dehors et au-dessus des lois et tribunaux, plane la volonté du maître, qui peut tout et se permet tout : c C'est la volonté; c'est le plaisir du schah » est en Perse un axiome,