‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 330 sur 525 · Ibid., 1, 2Ô3-S · texte numérisé non relu

Ibid., 1, 2Ô3-S

qui justifie toutes les violences. Les nobles, les grands, ne cessent de ramper devant le souverain que pour tyranniser leurs inférieurs. Nul Persan, même parmi les plus haut placés, n'est à l'abri des violences; il peut être spolié, bâtonné, mutilé, honni ; ses femmes et ses filles peuvent être prostituées même à des muletiers, sans que le moindre recours lui reste1 : « c'est la volonté du schah. » En dépit des prescriptions du Coran, plusieurs souverains ont autorisé l'usage du vin : tant ils se sentent au-dessus de toute les lois8. Longtemps les schahs ont, par simple mesure de précaution, fait subir la castration aux jeunes gens des familles qui leur portaient ombrage3. Autrefois le grand écuyer pouvait accorder aux plus grands criminels un asile dans les écuries du roi*, lieu sacré où les poursuites judiciaires n'osaient s'exercer. Pour en finir avec la justice persane, il me reste à dire quelques mots de sa pénalité et de sa procédure.

La procédure diffère peu de celle des Arabes. La preuve se fait par témoignage ; les sentences ne sont pas motivées et le pouvoir du juge est à peu près discrétionnaire5. Seulement on aide les accusés à avouer, en recourant à la torture, et, dans les cas difficiles, on décide d'après le jugement de Dieu, l'ordalie, presque aussi universelle que le talion. L'ordalie est déjà mentionnée dans l'Avesta et le mode usité est l'eau bouillante6.

Les peines sont : la mort, les mutilations, la bastonnade, l'enlravement, la prison. La peine capitale punit la haute trahison, la rébellion, l'assassinat, le viol, la sodomie, le vol, l'adultère. Récemment encore la femme adultère était

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