‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 335 sur 525 · D&rostc, Études hist. droit · texte numérisé non relu

D&rostc, Études hist. droit

âme, en recevant une riche rançon *. » C'est qu'en effet, si la rançon du meurtre n'était point payée ou point acceptée, le meurtrier, même le meurtrier d'un homme du peuple, ne pouvait éviter la mort qu'en se réfugiant dans l'exil *. Néanmoins le fait d'avoir commis un meurtre n'avait en Grèce rien de déshonorant; l'opinion publique n'y voyait qu'un malheur, un acte imprudent, et, les parents de la victime exceptés, personne ne faisait mauvais accueil à l'homicide3. — Tout cela est parfaitement barbare et commun à toutes les civilisations primitives.

Du seul fait que le talion a existé pour l'homicide, dans la Grèce protohistorique, on pourrait en inférer qu'il a dû en être de même pour les blessures et violences; mais nous avons à ce sujet mieux que des conjectures, puisque le talion juridique pour les blessures se retrouve, tout vivant encore, dans les lois de Solon. On y décide même à ce sujet un point de jurisprudence, à savoir, /comment on doit appliquer le talion à celui qui a crevé l'œil unique d'un borgne. Dans ce cas, le législateur ordonne qu'on crève les deux yeux au coupable, remplaçant ainsi la formule c œil pour œil * par celle-ci : « cécité pour cécité » 4. — Telle était la justice entre clans et familles. Mais de nombreuses formalités réglaient les litiges et conflits entre ces petites unités sociales, dont les relations avaient presque un caractère d'internationalité. Toujours les crimes commis par un individu étaient considérés comme des actes collectifs, intéressant son propre groupe et le groupe lésé tout entiers ; aussi le clan défendeur restait-il indéfiniment exposé au châtiment jusqu'à retaliation ou composition *.

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