‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 337 sur 525 · Schoemann, loc. cit · texte numérisé non relu

Schoemann, loc. cit

milieu du cercle pour celui qui parlerait avec justice*. * — Ces quelques vers nous donnent de bien précieux renseignements. Nous y voyons que le meurtre s'effaçait par une composition ; que, dans les litiges judiciaires, chaque partie déposaitune certaine somme, gage destiné au gagnant; qu'on plaidait soi-même sa cause sur V agora, au milieu des anciens et publiquement, que des hérauts faisaient la police et que le plaideur parlait, un sceptre, c'est-à-dire un bâton, à la main ; ce sceptre-bâton symbolisait sans doute le glaive vengeur. Il y a plus d'une justice primitive, sur laquelle nous ne possédons pas autant de détails et surtout de détails aussi précis. Mais il est de l'essence même du pouvoir monarchique d'empiéter sans cesse sur les droits de la communauté, surtout quand le monarque, petit ou grand, est, avant tout, un chef guerrier. Aussi Hésiode nous fait-il un vif éloge de la justice organisée succédant à l'anarchie animale des premiers âges; mais il n'a pas assez d'imprécations pour les iniquités, dont les rois se rendent coupables : c Le fils de Saturne a permis aux poissons, aux animaux sauvages, aux oiseaux rapides, de se dévorer les uns les autres, parce qu'il n'existe point de justice parmi eux; mais il a donné aux hommes cette justice, le plus précieux des biens. » — Pauvre justice! Comme elle est malmenée par les rois! « La Justice est traînée avec violence par ces mangeurs de présents, qui s'écartent du droit dans leurs sentences. Elle les suit, en pleurant, par la ville, apportant des maux aux hommes, qui la chassent. * — c Songez-y, rois, mangeurs de présents, et redressez vos sentences... Un mauvais dessein est surtout mauvais pour celui qui Ta conçu8. » A en croire le même écrivain, les justiciables auraient rivalisé de mauvaise foi avec leurs juges couronnés; car il conseille de ne pas

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