IL — LA JUSTICE A SPARTE
Du stade de la tribu monarchique, les cités helléniques passèrent à un républicanisme de retour, que j'ai précédemment étudié 8, et il en résulta une réorganisation judiciaire dans le sens démocratique. Athènes nous en fournit l'exemple le plus complet. A Sparte, au contraire, où Von restai attaché au régime monarchique, mitigé pourtant et place sous la jalouse surveillance des éphores, il s'établit plusieurs juridictions. D'abord les rois continuèrent à rendre la justice, et ils le devaient faire gratuitement3; mais le tribunal par excellence était la Gérontie, le Sénat, qui, seul, connaissait des affaires criminelles et, seul, avait le droit de prononcer contre un citoyen une sentence capitale*. La procédure des Gérontes n'avait point l'allure sommaire, que nous avons jusqu'ici rencontrée partout. Au contraire le Sénat de Sparte procédait avec lenteur, consacrait plusieurs jours à examiner la cause et à peser les charges5. Ce fut d'abord la Gérontie, qui, seule, eut le droit d'infliger des flétrissures morales, de priver un citoyen de ses privilèges : plus tard ce droit passa aux éphores •. La procédure était régulière. On fixait un jour pour entendre les deux parties. Des huissiers aver-